L’assurance-vie profite du ralentissement du Livret A
Par Khadi Diallo • 12 juin, 2009 • Catégorie: Livret, assurance-vie •C’était prévisible, suite à la révision à la baisse de leur taux, le Livret A et son quasi équivalent le Livret Développement Durable ont beaucoup perdu en popularité. Il est vrai qu’à 1,75 % et malgré les arguments du gouvernement selon lesquels il demeurerait « un excellent placement» dont le rendement est « supérieur à l’inflation », le « produit d’épargne préféré des Français » a quelque peu du plomb dans l’aile. Conséquence directe, les placements annexes, et notamment l’assurance-vie, reprennent des couleurs et attirent de plus en plus l’argent des ménages.
Les seules à réellement tirer leur épingle du jeu sont les banques qui gagnent bien évidemment sur les deux tableaux puisqu’elles commercialisent les deux produits. Il n’empêche que le résultat de cette baisse du taux ne s’est pas fait attendre. Après avoir engrangé plus de 18 milliards d’euros pour le seul mois de janvier, grâce précisément aux ouvertures effectuées auprès des banques, le livret A ne fait plus du tout recette. Dès février et mars, le volume généré était redescendu à 2 milliards d’euros soit une rentrée d’argent neuf fois moindre !
En parallèle, les souscriptions d’assurance vie rebondissaient bien avec des chiffres en hausse de 5 % par rapport à la même période l’année dernière. Il faut dire que les contrats d’assurance vie viennent tout juste de sortir d’une très longue période de vaches maigres marquée par un très fort ralentissement dès septembre 2008. L’encours total des contrats d’assurance avait atteint son niveau plancher en septembre 2008 pour ne repartir qu’en… février 2009 ! Soit juste après la baisse du rendement du Livret A. Les ménages n’ont pas tardé à comprendre quel était le meilleur placement pour leur épargne.
Il y a donc eu un « transfert» d’argent, bien que pas tout à fait dans les mêmes proportions. Si le taux du Livret A devait à nouveau être révisé à la baisse ce mouvement pourrait cependant s’accélérer assez rapidement. En effet, si le gouvernement se résolvait à appliquer les résultats donnés par les bases de calculs, la rémunération du Livret A descendrait à 0,5 % en raison paradoxalement du recul de l’inflation sur laquelle elle est directement indexée.
Pour des raisons évidentes le pouvoir ne prendra pas le risque de franchir ce plancher psychologique de 1 %. Néanmoins, si l’inflation continue de tomber, le gouvernement ne pourra qu’entériner une nouvelle baisse historique du taux du Livret A ce qui, assurément, sonnerait de manière définitive le glas de l’engouement des Français pour y placer leur épargne.
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