Réforme du crédit conso : le crédit renouvelable sur la sellette
Par Khadi Diallo • 23 juin, 2009 • Catégorie: Crédit consommation •Annoncé comme porteur de nombreux changements (dont beaucoup sont sujets à polémique, notamment pour les banques) le projet de réforme du crédit à la consommation vient d’être adopté en première lecture par le Sénat.
Cette version semble quelque peu édulcorée par rapport à ses toutes premières moutures.
Ainsi, la disposition qui visait à interdire la vente de crédit renouvelable en hypermarché a été abandonnée, à la grande satisfaction des Carrefour, Auchan et autre Leclerc. Elles étaient en effet mises à l’index par certains experts pour leur rôle prépondérant dans la commercialisation de ces fameuses « réserves d’argent » (près de 47 % du volume en 2007). Si l’interdiction des crédits revolving au supermarché n’a pas été retenue, la séparation entre carte de fidélité et carte de crédit a quant à elle été entérinée. Les banques devront ainsi donner la possibilité à leurs clients qui disposent d’une carte associée à une réserve d’argent de régler une partie de leurs achats en cash s’ils le souhaitaient. Le but étant que le recours au prêt à taux élevé qui accompagne cette dernière soit fait de manière plus « volontaire ».
Le projet de loi met également l’accent sur l’obligation d’apporter une information claire et transparente aux consommateurs. Finie l’époque bénie où le crédit revolving était utilisé à tout bout de champ et pour toute occasion. Désormais un crédit classique viendra le remplacer pour tous les achats supérieurs à 1 000 euros. De même, la grande distribution n’aura plus le droit d’assujettir l’obtention de certains avantages commerciaux à l’utilisation du crédit qui accompagne les cartes de fidélité.
Le principe de la création d’un fichier positif, recensant l’ensemble des prêts contractés par les ménages, a quant à lui été adopté, au grand dam de la plupart des banques qui y voient surtout une belle opportunité de se faire chiper leur clientèle. Les grandes surfaces et les autres établissements prêteurs s’en pourlècheraient déjà les babines en coulisse.
Inutile pour ces derniers de se réjouir trop tôt néanmoins. S’il devait être retenu, le dispositif ne serait fonctionnel, au plus tôt, que d’ici trois à quatre ans…
Affaire à suivre…
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